Rosana Bourg était en résidence en mai 2026. Artiste, peintre et photographe, brésilienne installée en France, elle observe les environnements urbains, architecturaux et végétaux avec le même regard curieux.
Ici, comme ailleurs et en tout lieu, nous sommes un univers en expansion.
C’est l’interaction et la transformation du vivant.
De la « déesse de la fertilité » jusqu’à notre désir de conquérir Mars, en passant par la « statuaire classique », nous faisons tous partie de cette même ébullition de vie.
Prendre conscience que nous dansons tous ensemble, ressentir l’espoir des possibles infinis et la poésie d’appartenir à ce mouvement subtil… tout cela est profondément inspirant.
L’éphémère devient infini, les transformations sont constantes et le renouvellement s’opère.

Un fossile pris dans le polystyrène incarne ici le concept d’un temps inversé. Issu du pétrole, ce plastique est lui-même une matière organique transformée, issue de la décomposition d’organismes anciens. En y figeant un nouvel élément, l’œuvre crée un court-circuit temporel et interroge ce qui fera trace dans le futur.
À droite, la structure plus imposante fait allusion aux champignons et aux mycéliums capables de digérer ce plastique. Elle montre comment la vie, face à l’inerte, continue sans cesse à trouver son chemin et à se déployer.


Ces sculptures révèlent la poésie logée au cœur de l’ordinaire. En métamorphosant la fragilité modeste du papier essuie-tout en silhouettes archétypiques, l’œuvre fait résonner la simplicité du quotidien avec le dépouillement et la force de la statuaire classique. Une manière de suspendre le temps, là où l’éphémère rejoint l’infini pour clore le cycle.

À travers une constellation de fragments urbains et de perspectives inversées, cette œuvre retrace l’épopée humaine par le prisme de son architecture. Des photographies de cités multiples s’hybrident pour ériger une ville nouvelle, une structure futuriste et fragmentaire.
Au sol repose le chaos des « possibles » : un réservoir de mémoires et de trajectoires prêtes à être assemblées. En s’élevant vers les murs, ces morceaux de pierre et de béton s’ouvrent sur le bleu du ciel — métaphore de l’univers et rappel de notre origine cosmique, nous qui sommes le produit des étoiles.
En retrait, deux silhouettes contemplent cette vertigineuse ascension. Témoins silencieux de leur propre histoire, ils marquent un temps d’arrêt, une prise de conscience face au monde que nous habitons et à l’avenir que nous dessinons.

Cette œuvre déploie un régiment de feuilles mortes en formation, évoquant à la fois les soldats au combat et une armée pacifique en marche. Cette garde végétale incarne la force d’une vie qui continue constamment d’aller de l’avant. À l’image des champignons qui recyclent le plastique, ces feuilles célèbrent la métamorphose de la nature : ici, ce qui meurt ne s’éteint pas, mais devient le terreau d’une renaissance perpétuelle. C’est le cycle infini d’un univers en expansion, où chaque fin n’est que le premier pas d’une nouvelle création.
