Maud Louise-Marie

Bianca, ma non troppo, du 5 au 25 janvier 2026 en résidence à l’Atelier d’Art de la Boule Rouge

Maud Louise-Marie, artiste céramiste, vit et travaille entre la Loire et la
Haute-Loire. Bianca, ma non troppo présente deux sculptures monumentales en terre crue perchées sur des poutres de bois brut.

Les constructions in situ se déploient dans l’espace. Leur masse visuelle contraste avec la fragilité de leur structure et de leur surface perforée. Développant un dedans-dehors, le regard s’enroule autour des sculptures et plonge dans leur intérieur. La matière ajourée se joue de la lumière et des regards qui la transpercent.

Construite en terre crue recyclée, l’installation est éphémère, vouée à une destruction inévitable liée à la construction même in-situ. Dans une posture écologiste, l’artiste travaille le temps et met la matière au service de l’espace. Travaillant en suivant son intuition, Maud Louise-Marie éprouve les limites physiques de hauteur, de fatigabilité du corps et les limites de temps pour mettre au jour ces sculptures.

En début de carrière, Maud Louise-Marie conçoit des objets quotidiens en terre cuite émaillée. Peu à peu, elle augmente le volume de ses pièces et ouvre son atelier à d’autres artistes. En 2023, elle quitte l’atelier du Beluga, qu’elle avait fondé en 2015, et entame une recherche nomade : chez des amies céramiste, poursuivant le travail de la terre cuite, puis en résidence dans des lieux sans fours. L’environnement entre en jeu : en mai 2025, des tables à roulettes dans un atelier de menuiserie deviennent support de ses créations qui, en s’affranchissant de la cuisson, prennent plus de libertés. Sa résidence « Chez Mamie », en septembre 2025 à Saint-Étienne, marque un tournant dans sa pratique : les pièces deviennent monumentales, architecturées, prennent leur place dans l’espace domestique de la cuisine ou du grenier. En janvier 2026, à l’Atelier d’Art de la Boule Rouge, Maud Louise-Marie poursuit sa recherche de hauteur et de volume.

L’atelier nomade et la terre crue comme matériau éphémère donne à l’artiste une grande liberté sur le chemin de la création : ses recherches, parfois méditatives, prennent du temps, rythmées par les expositions. La matière recyclée représente un continuum, un corps à corps continu entre cette terre, l’artiste et le monde habité.